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Institut du Philigénisme

Philosophie citoyenne

Conclusion — La Philicratie

La Philicratie ne se proclame pas : elle commence le jour où une décision devient lisible, une contribution reconnue et un héritage assumé.

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Annoncée au deuxième chapitre, elle trouve ici son sens : non un régime nouveau ni une rupture avec la République, mais une démocratie parvenue à maturité — intelligible, contributive, transmissive.

J’ai nommé la Philicratie au deuxième chapitre en annonçant qu’elle serait l’aboutissement du digest, non son point de départ. Le moment est venu de dire ce qu’elle est. Le mot se forme comme le premier : la philia, le lien, et le kratos, le pouvoir. Non pas le pouvoir d’un homme, d’un parti ou d’une majorité, mais le pouvoir exercé à partir du lien et pour lui.

La Philicratie n’est ni un régime nouveau, ni une rupture avec la République : c’est notre démocratie parvenue à maturité, augmentée de trois qualités qui lui manquent aujourd’hui. Elle est intelligible lorsque toute décision publique se laisse lire à ses quatre niveaux et qu’aucun citoyen ne subit ce qu’on ne lui a pas expliqué. Elle est contributive lorsque la représentation cesse d’être le seul moment de la vie civique et que ce que chacun apporte trouve une existence publique. Elle est transmissive lorsque toute décision se juge aussi sur ce qu’elle laisse à ceux qui ne votent pas encore.

Ces trois qualités ne sont pas des ajouts séparés : elles traduisent dans la vie démocratique les trois verbes de la philosophie citoyenne. Comprendre rend possible de choisir, choisir rend possible de contribuer, contribuer rend possible de transmettre. Une démocratie qui ne tient qu’un seul de ces fils explique sans associer, ou consulte sans transmettre, ou lègue sans avoir été comprise. La Philicratie est le nom de la chaîne complète.

Elle conduit à la Première République des générations, celle qui compte parmi les siens ses aînés et ceux à naître. J’insiste sur un point : elle ne s’obtiendra pas par un décret ni par une révision constitutionnelle. Elle s’installera par la méthode, décision après décision, et par les citoyens qui l’auront tenue avant qu’on la leur accorde. Après vingt-cinq siècles de démocratie, il ne s’agit pas d’en changer, mais enfin de la faire évoluer.

La Philicratie ne se proclame pas : elle commence le jour où une décision devient lisible, une contribution reconnue et un héritage assumé.

Engagez-vous dans l’étude, la discussion et l’expérimentation des passages d’un monde à l’autre afin de rendre l’avenir à nouveau désirable.

S’engager dans l’étude, la discussion et l’expérimentation.

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