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Institut du Philigénisme

Philosophie citoyenne Choisir

IV. La liberté responsable

Une France de la liberté doit se transformer pour que ses citoyens choisissent toute leur vie.

Lecture : 2 min

Nul ne doit rester assigné à son point de départ, à son diplôme ou à son premier échec. La promesse n’est plus de garantir une place fixe, mais de donner à chacun les moyens de se relever et de contribuer à nouveau.

Le deuxième mouvement de la philosophie citoyenne concerne la liberté responsable. Je tiens à cette formule : choisir, c’est comprendre, arbitrer et assumer. Rien de plus, rien de moins. Dans un monde en continuelle évolution, le droit à la bifurcation professionnelle que je propose en est l’application la plus concrète : nul ne doit rester assigné à son point de départ ou à son diplôme, ni condamné à son premier échec scolaire.

Ces trois gestes s’appellent l’un l’autre. Comprendre exige que la décision soit lisible, sans quoi le choix n’est qu’une signature au bas d’un texte que l’on n’a pas lu. Arbitrer exige des options réelles, sans quoi il ne reste qu’un chemin unique emprunté faute de mieux. Assumer exige de pouvoir se relever, car une société qui ne pardonne aucun échec ne forme pas des citoyens responsables : elle forme des citoyens prudents.

J’en tire une conviction décisive pour ce siècle : la grande promesse politique n’est plus de garantir une place fixe à chacun, mais de donner à chacun les moyens de se relever, de se réinventer et de contribuer à nouveau. Cessons de traiter la reconversion comme une réparation d’après-crise : faisons-en une infrastructure nationale de liberté. L’école obligatoire jusqu’à seize ans doit devenir une école de la vie, et France Travail une agence nationale des trajectoires professionnelles, capable d’accompagner chaque Français à tout moment de son parcours de vie.

La bifurcation professionnelle se résume alors en trois traits. Elle lève trois déterminants : le milieu d’origine, le diplôme obtenu à dix-sept ou vingt ans et le premier échec. Elle suppose trois conditions : un accompagnement disponible avant la rupture et non après, une formation finançable à tout âge, un revenu qui ne s’effondre pas pendant la transition. Elle déplace enfin l’objet de la protection, du poste vers la personne. C’est ce déplacement qui fait d’une liberté proclamée une liberté réelle.

Une France de la liberté doit se transformer pour que ses citoyens choisissent toute leur vie.

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